Sheronne Brodel Moutsinga
On vous parle des protocoles médicaux, des taux de réussite, des étapes administratives. Mais il y a tout ce qu’on ne vous dit pas. Les vraies difficultés du parcours PMA (Procréation Médicalement Assistée). Celles qui se vivent derrière les portes fermées des cabinets médicaux, dans l’intimité d’un couple qui se fracture, dans le silence d’une femme qui enchaîne les échecs.
La procréation médicalement assistée n’est pas juste un parcours médical. C’est une épreuve émotionnelle, physique, financière. Et personne ne vous prépare vraiment à ça.
Les médecins vous expliquent le protocole. Les injections d’hormones, les ponctions, les transferts d’embryons. Tout semble carré, maîtrisé. Sur le papier.
Dans la réalité, c’est différent.
On vous dit que vous pourriez avoir des ballonnements, de la fatigue. Ce qu’on ne dit pas : certaines femmes prennent 5 à 10 kilos en quelques semaines. Les sautes d’humeur ne sont pas de simples variations. C’est parfois une instabilité émotionnelle qui vous fait pleurer pour rien, hurler pour moins que rien. Vous ne vous reconnaissez plus.
Complication qu’on vous mentionne vite fait dans le consentement. Mais quand ça vous arrive, c’est violent. Ventre gonflé comme à 6 mois de grossesse, douleurs abdominales intenses, nausées. Certaines finissent hospitalisées. Et pendant ce temps, l’angoisse : est-ce que ça compromet mes chances ?
Les échographies endovaginales à répétition. Les prises de sang tous les deux jours. Les ponctions ovariennes sous anesthésie. Votre corps devient un champ de bataille médical. On ne vous demande plus votre avis, on vous convoque. Vous obéissez.

Le parcours PMA dévore votre vie mentale. Personne ne vous prévient à quel point.
Vous ne vivez plus au rythme des semaines ou des mois. Vous vivez en cycles. J13, J21, J28. Chaque jour a son importance. Vous calculez constamment. Quand est la prochaine injection, quand est le transfert, quand puis-je faire le test.
Impossible de planifier des vacances. Impossible de s’engager sur un projet professionnel. Votre vie est en suspens.
Les deux semaines entre le transfert et le test de grossesse. Les plus longues de votre vie. Vous guettez le moindre signe. Une douleur au ventre ? Et si c’était la nidation ? Des pertes blanches ? Mauvais signe ? Vous cherchez des réponses sur les forums à 3h du matin. Vous vous interdisez d’espérer. Vous espérez quand même.
Vous qui maîtrisiez votre vie, vos choix, votre corps. Tout vous échappe. Vous dépendez des résultats d’analyses, des décisions médicales, du nombre d’ovocytes récupérés, de la qualité des embryons. Vous n’avez plus de prise sur rien.
On vous dit que la PMA peut souder un couple. Parfois oui. Parfois ça le détruit.
Avant même la FIV (Fécondation In Vitro), il y a souvent eu des mois d’insémination artificielle. Faire l’amour devient une obligation calendaire. Un acte médical. Plus de désir, juste une case à cocher. Certains couples n’arrivent plus à se toucher naturellement après ça.
C’est le corps de la femme qui subit. Les hormones, les examens, les douleurs. L’homme se sent impuissant, spectateur. Ou pire, coupable si c’est lui qui a un problème de fertilité. Chacun vit son enfer séparé. Difficile de se soutenir quand on est tous les deux à bout.
Une FIV en France coûte entre 3000 et 5000 euros si elle n’est pas prise en charge. Après 43 ans pour la femme, plus de remboursement. Certains couples enchaînent 5, 6, 7 tentatives. Ils s’endettent. L’argent devient une source de conflit supplémentaire.
À partir de combien d’échecs on arrête ? C’est la question que personne n’ose poser. Mais elle arrive toujours. Et les deux partenaires n’ont pas forcément la même réponse au même moment.
Vous vous retrouvez seule face à tout ça.
Vos amies tombent enceintes naturellement. Elles se plaignent de leurs nausées, de leur fatigue. Vous souriez. Vous les félicitez. Vous rentrez chez vous et vous pleurez.
Votre famille vous demande régulièrement « Alors, des nouvelles ? ». Ils ne comprennent pas que chaque question fait mal. Vous arrêtez d’en parler. Vous vous isolez.
« Détends-toi, ça viendra. » « Adoptez ! » « Profitez de votre vie de couple. » « C’est peut-être pas le bon moment. » Ces phrases bien intentionnées vous fracassent. Les gens ne savent pas quoi dire. Alors ils disent n’importe quoi.
Sentiment irrationnel mais omniprésent. Vous vous sentez coupable de ne pas y arriver naturellement. Honteuse de « dépenser l’argent de la Sécu » pour vos tentatives. Vous vous excusez d’être triste, d’être moins disponible au travail, de décliner des invitations.

Les statistiques de réussite varient entre 20 et 30% par tentative selon l’âge. Ça veut dire 70 à 80% d’échecs. Mais personne ne vous prépare vraiment à vivre ces échecs.
À chaque fois, c’est un deuil. Le deuil d’un embryon, d’un projet, d’un espoir. Certaines femmes font 5, 6, 7 FIV. Ça fait 5, 6, 7 deuils. L’accumulation use. Détruit.
Pire encore : tomber enceinte après la PMA et faire une fausse couche. L’espoir qui s’était envolé retombe brutalement. Vous êtes revenue à la case départ. Avec un trauma de plus.
Le moment où vous réalisez que vous ne pouvez plus continuer. Physiquement, mentalement, financièrement. Arrêter le parcours PMA, c’est renoncer. Faire le deuil de l’enfant biologique. Certaines y arrivent. D’autres gardent ce manque toute leur vie. C’est dans ces moments que reconstruire son estime de soi après une période difficile devient un travail essentiel pour pouvoir avancer.
Même quand ça marche, il reste des traces.
Oui, même après une PMA réussie. L’anxiété ne disparaît pas du jour au lendemain. Certaines femmes enceintes après PMA vivent leur grossesse dans l’angoisse permanente. Peur de perdre le bébé. Incapacité à se projeter.
Le parcours vous a transformée. Abîmée parfois. Il faut se reconstruire. Retrouver son couple. Son corps. Sa vie. Ça prend du temps. Ça nécessite souvent un accompagnement psychologique personnalisé.
Essentiel. Pas optionnel. Trouvez un psy spécialisé en infertilité et PMA. Quelqu’un qui connaît vraiment ce parcours. Un accompagnement individuel adapté peut faire toute la différence dans votre capacité à traverser ces épreuves.
Le parcours PMA est un marathon émotionnel. Personne ne devrait le faire seul dans le silence. Parlez. Cherchez du soutien. Autorisez-vous à vivre toutes vos émotions, même les plus sombres.
Chez OSEA, nous comprenons la complexité de ce parcours et proposons un accompagnement bienveillant pour vous aider à traverser ces moments difficiles, que ce soit pendant ou après votre parcours PMA.
Vous n’êtes pas seule. Et ce que vous ressentez est légitime.
Osea, fondée par Sheronne Brodel Moutsinga, accompagne les femmes, les couples et les entreprises à travers leurs transitions de vie. Chaque séance est un espace d’écoute sincère, de clarté et de transformation — pour oser se (re)choisir et avancer en confiance.
Un accompagnement permet de :
📜 Certifiée Master Coach personnel & professionnel (AEC) , j’intègre des outils de coaching, d’intelligence émotionnelle et de communication consciente pour un accompagnement sur mesure.
Un appel découverte gratuit de 15 minutes pour faire le point et avancer ensemble, en douceur.
Des lectures choisies pour approfondir vos réflexions et vos pratiques.
Rejoignez la communauté Osea et recevez un conseil bienveillant chaque mois pour cultiver la clarté, l’équilibre et la confiance au quotidien.